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Laurent Kapela

Exil · Deuil · Retraite

Traverser les ruptures, retrouver un fil

Partir, perdre un proche, changer de pays ou quitter une vie professionnelle : certaines étapes bousculent nos repères et notre sentiment d’appartenance.

L’exil et l’expatriation

Vivre loin de ses proches, parler une autre langue ou trouver sa place dans un nouvel environnement peut soulever des questions intimes. Laurent Kapela propose un espace attentif à l’histoire migratoire et au contexte culturel de chacun.

Les pertes, visibles et invisibles

Le deuil peut concerner la perte d’un être cher, mais aussi un lieu, un statut, des habitudes ou un projet de vie. La rencontre permet d’aborder ce que cette perte représente pour vous, sans imposer une manière de la vivre.

La retraite et les transitions de vie

Quitter une activité professionnelle peut transformer le rapport au temps, aux autres et à soi. Un accompagnement peut être l’occasion d’explorer les questions que cette nouvelle étape fait émerger.

Un accueil ouvert à tous

Cette sensibilité à l’exil n’enferme pas la pratique dans un public unique. Vous pouvez prendre contact quels que soient votre origine, votre parcours, votre statut ou votre religion. Votre demande est accueillie pour ce qu’elle est.

Mes fondements théoriques

Comprendre l’exil pour accompagner le deuil

Pour accompagner le deuil dans ses différentes formes, et particulièrement le deuil de l’exil, je m’appuie sur deux notions qui sont au cœur de mon expérience et de ma pratique.

Le syndrome d’Ulysse

D’après le psychiatre Joseba Achotegui

Joseba Achotegui a nommé « syndrome d’Ulysse », ou syndrome du migrant soumis à un stress chronique et multiple, l’état d’épuisement vécu par des personnes en migration dans des conditions particulièrement difficiles.

Dans cette approche, la souffrance de l’exil n’est pas assimilée à une maladie mentale : elle est accueillie comme une réaction humaine à des épreuves extrêmes et continues.

Ses travaux distinguent sept dimensions du deuil migratoire :

  • La famille et les êtres chers laissés au pays
  • La langue maternelle
  • La culture et les coutumes
  • La terre et les paysages
  • Le statut social et professionnel
  • L’appartenance à un groupe
  • La sécurité physique, mise à l’épreuve par les risques du voyage et de la migration

Lorsque les pertes se cumulent, sans répit ni soutien, l’épuisement peut se manifester par de la tristesse, de l’anxiété, une grande fatigue, des maux de tête ou des troubles du sommeil. Ces manifestations ne suffisent pas, à elles seules, à définir une situation clinique.

Mon accompagnement

Ayant moi-même traversé les pertes de l’exil, je cherche à accueillir cette souffrance sans la réduire à une pathologie. Mon travail est de vous aider à identifier ces deuils multiples, à mettre des mots sur ce qui se vit et à explorer vos ressources.

Ensemble, nous cherchons à redonner une place à la mémoire, à la langue et à la culture d’origine, comme des forces et non plus seulement comme des manques.

La double absence

D’après le sociologue Abdelmalek Sayad

Abdelmalek Sayad a décrit la condition de l’émigré-immigré à travers la notion de « double absence ». Elle aide à penser l’expérience douloureuse d’être à la fois :

  • Absent là-bas, au pays d’origine : ne plus être présent aux naissances, aux deuils et à la vie quotidienne. Manquer aux siens, tandis que le pays nous manque.
  • Absent ici, dans le pays d’accueil : être physiquement présent sans se sentir toujours reconnu, écouté ou considéré comme pleinement d’ici.

Être d’ici et de là-bas, tout en ayant parfois le sentiment de n’être pleinement nulle part : cette tension peut occuper une place importante dans la souffrance de l’exil.

Mon accompagnement

Mon objectif n’est pas de vous obliger à choisir entre ici et là-bas. Il est de vous aider à explorer le passage d’une double absence à une double présence : comment habiter les deux rives ?

Avec Ubuntu — « Je suis parce que nous sommes » —, nous travaillons à retisser les liens avec votre pays d’origine, vos proches et votre histoire, mais aussi avec votre vie actuelle, vos relations et vos projets.

Il s’agit de chercher une manière de vivre ses appartenances sans rester uniquement dans le sentiment de déchirure.

Ces deux notions sont un fil conducteur de mes accompagnements : tout deuil peut aussi se vivre comme une forme d’exil, de soi, d’un temps ou d’un lieu aimé.

Laurent Kapela

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